Naissance d'une légende
1972-1986 : C'est sur la place Tartane, dans le quartier de la castellane à Marseille, que Zinedine Zidane a appris ses premiers dribbles. Repéré par la suite par Jean Varraud, c'est à l'AS Cannes, et non à Marseille, qu'il apprendra le métier.
C'est une place comme tant d'autres où courent et crient les enfants. Les mamans les appelent par les fenêtres à l'heure du goûter ou du dîner. C'est un rectangle sans charme comme il en existe des milliers en France au bas de nos cités. Les façades décrépies témoignent de l'usure du temps. Sur cette place, on se sent un peu seul, observé par les ombres aux fenêtres. On se rend finalement compte que la plupart n'a d'yeux que pour les gamins qui animent de leurs dribbles fous le triste quartier de la Castellane. Sur la place Tartane, le temps s'est arrêté. Et si certains ici pensent que Zinedine Zidane a oublié ses racines et ne les représente plus vraiment dans ces beaux costumes ou au volant de belles voitures, pour d'autre en revanche, il reste le roi. Celui qui émerveillait déjà tout le monde par ses dribbles quand il jouait avec « les grands » de la cité.
Marseille ne le reverra pas. Du moins pas sur un terrain, à moins qu'il ne décide d'y organiser un jour son jubilé devant sa famille, fidèle à la cité phocéenne. Malgré les rêves fous de certains dirigeants, Zinedine Zidane le Marseillais n'aura jamais porté le maillot de l'Olympique de Marseille. Lui qui rêvait adolescent de succéder à son idole Enzo Francescoli s'en ira avec un maillot blanc sous les bras : celui du Real Madrid. Pas celui de l'OM qu'il soutient pourtant. Yazid le marseillais est aujourd'hui devenu madrilène. « A Marseille, on ne se repose pas », répète souvent le joueur. Une fois sa carrère arrêtée, celui qui pouvait revenir dans sa ville natale pour une partie de foot en salle avec les copains reviendra peut-être plus souvent partager un barbecue avec la famille et les amis.